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SAMEDI DE L’ACATHISTE

Augustin Sokolovski

Le samedi de la cinquième semaine du Grand Carême, l'Église orthodoxe célèbre en l'honneur de la Vierge Marie. Ce jour est également appelé samedi de l’acathiste. C'est la fin de la cinquième semaine du Grand Carême. Ce jour-là, selon la Charte des services divins, il est nécessaire de lire l'Acathiste à Matines. Il s’agit d’un genre particulier de textes liturgiques, très populaire dans la piété populaire.

Lors du service liturgique du samedi de l'Acathiste, nous apprenons comment ce texte devrait idéalement être lu. Il est divisé en quatre parties et est lu comme faisant partie de la composition régulière du service. L'Acathiste n'est pas lu seul, mais est combiné avec des psaumes, un canon et d'autres parties du service. C’est très important, car dans les Églises historiques, et l’Orthodoxie est une Église historique, le culte public ne permet pas l’improvisation. Le culte public de l’Église orthodoxe a des racines dans l’Ancien Testament et, en même temps, reflète la glorification éternelle de Dieu, qui est accomplie par le monde angélique.

Nous rencontrons souvent le phénomène d’utilisation de ce qu’on appelle des émoticônes dans le langage, en particulier dans la communication et la correspondance. Que signifie ce phénomène ? Ce phénomène signifie que le langage, le langage écrit humain ordinaire, cesse de remplir ses fonctions. Il n'exprime plus d'émotions. D’autre part, les émotions humaines ont également changé. Ils ne sont plus disposés ni capables de s’adapter aux besoins de la langue communément acceptée.

Et voici quelque chose de très important : si l’acathiste, en tant que genre, commence à supplanter d’autres services liturgiques, cela signifie qu’il se transforme en une sorte de smiley. Il s’avère que nous, chrétiens orthodoxes, perdons progressivement la capacité de nous tourner vers Dieu à l’aide de l’Écriture et des textes liturgiques prescrits dans la charte, mais les remplaçons par des acathistes. Ça ne devrait pas être comme ça. Nous devons cultiver en nous-mêmes un amour pour le culte régulier, le connaître et le comprendre. Un tel zèle est agréable à Dieu et portera sans aucun doute, par la puissance de la grâce, des fruits spirituels.

Je voudrais terminer cette réflexion par les paroles des « Confessions » du Père de l’Église saint Augustin (354-430) : « Tu es grand, Seigneur, et digne de toute louange ; grande est ta puissance et incommensurable est ta sagesse. » Et l’homme, une partie de Ta création, veut Te glorifier, l’homme, qui porte sa mortalité partout, porte avec lui le témoignage de son péché et le témoignage que Tu « résistes aux orgueilleux ». Et pourtant l'homme, partie de ta création, désire te glorifier. Tu nous réjouis par cette louange, car tu nous as créés pour toi, et notre cœur ne connaît de repos que lorsqu'il repose en toi.