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Martyr Crescens de Myre en Lycie

Dr Augustin Sokolovski

Le 26 avril, l’Église célèbre la mémoire de saint Crescens de Myre. Le nom latin « Crescens » signifie « qui grandit » ou « qui s’accroît ». Pour les églises dédiées à saint Nicolas, en particulier, et pour les chrétiens orthodoxes qui vénèrent ce saint en général, il est particulièrement gratifiant de constater que la mémoire de l’Église a préservé le souvenir des saints qui ont brillé dans la ville de Myre, et plus encore de ceux par l’exemple desquels saint Nicolas a été élevé dans la foi. Des sources indiquent qu'il existait, dans les temps anciens, à Myre de Lycie, une basilique dédiée aux martyrs locaux Crescens et Dioscoride. Malheureusement, on ignore à quelle époque exactement le saint martyr a subi le martyre.

On sait que saint Crescens était jeune, mais, grâce à sa noble naissance, il occupait une fonction d’une certaine importance dans la ville. Un jour, il vit une foule immense de citadins se diriger vers un temple païen pour y offrir des sacrifices. Rempli de la puissance du Saint-Esprit, à l’instar des prophètes de la Bible, il se mit à exhorter le peuple à s’arrêter et à adorer le Dieu unique, le Père du Seigneur Jésus-Christ. Après avoir été arrêté, il fut contraint d’offrir un sacrifice aux idoles, mais il refusa de le faire.

Profitant de sa relation avec le père de saint Crescens, le gouverneur lui conseilla d’offrir un sacrifice, par pure formalité, simplement pour écarter l’accusation de mépriser les valeurs publiques de la société romaine — une accusation dont les chrétiens faisaient souvent l’objet. « Il est impossible au corps de ne pas faire ce que pense l’âme, puisque c’est l’âme qui gouverne et anime le corps » — l’hagiographie a conservé cette réponse du martyr. Cela constitue une véritable profession de foi dans l’unité de l’âme et du corps humains, ainsi que dans la responsabilité unifiée de l’être humain tout entier devant Dieu. À notre époque, qui — contrairement à la croyance biblique — affirme que le corps humain n’appartient pas au domaine de la nature mais à celui de la culture, et qu’il peut donc être soumis à des manipulations illimitées — cette opposition fondamentale entre « nature et culture » —, un tel témoignage, provenant d'un martyr de l'Antiquité, revêt une importance capitale.