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Zénon, évêque de Vérone

Dr Augustine Sokolovski

Les informations concernant le saint nous sont parvenues grâce à la piété populaire, à sa vie écrite, aux nombreux sermons du saint Zénon lui-même qui ont été conservés, ainsi qu’aux mentions de sa sainteté dans les œuvres des grands Pères de l’Église, saint Ambroise de Milan et Grégoire le Grand.

D'après les lettres de saint Ambroise, contemporain de Zénon, nous apprenons que Zénon fut le huitième évêque de la ville et un homme vertueux, tandis que le pape Grégoire raconte que, lorsqu'une inondation massive frappa Vérone, l'eau devant l'église où saint Zénon était enterré s'éleva comme un mur et n'inonda pas le sanctuaire.

D'après les sermons de saint Zénon, on peut conclure qu'il fut évêque de la ville pendant huit ans et qu'il est décédé le 25 avril — c'est-à-dire le 12 selon le calendrier julien utilisé par les Pères de l'Église — en l'an 370. Si l'on devait classer les Pères de l'Église en deux catégories, les majeurs et les mineurs, par analogie avec les prophètes bibliques, il s'ensuivrait que Zénon faisait partie des Pères de l'Église mineurs.

Saint Zénon était un partisan de l'orthodoxie nicéenne; le langage de ses sermons rappelle celui des anciens théologiens africains, Tertullien et Cyprien de Carthage. Il ne prit pas part aux batailles dogmatiques véritablement acharnées de l'époque ; ses prêches ne dépassaient pas les limites de sa ville natale, dont il assurait l'évangélisation avec un grand succès. On pense que c'est sous son épiscopat que la ville des futurs Roméo et Juliette est devenue entièrement chrétienne.

Saint Zénon est arrivé à Vérone en provenance de l'Afrique romaine ; tout comme saint Augustin, il est né dans ce qui est aujourd'hui l'Algérie, et écrivait et pensait en latin. Les représentations antiques qui nous sont parvenues le dépeignent comme un homme à la peau foncée. Il apparaît donc clairement que prêcher l'Évangile dans le monde d'aujourd'hui n'est pas simplement une option possible, mais un devoir pour rembourser une dette envers ces peuples qui, il y a plus de mille cinq cents ans, ont littéralement offert le christianisme à nos terres païennes. Le Christ est ressuscité !