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COMMÉMORATION DES MORTS LE QUATRIÈME SAMEDI DU GRAND CARÊME

Augustin Sokolovski

Typikon, c'est-à-dire la Charte orthodoxe sur la liturgie, ne contient que deux commémorations générales obligatoires des défunts. Tous deux sont liés à Pâques. La première commémoration a lieu le samedi, neuf jours avant le début du Carême. La deuxième commémoration a lieu le samedi avant la Pentecôte, neuf jours avant la fête Orthodoxe de la Toussaint. Ce sont des samedis parentaux universels. Il est possible que notre tradition de prière spéciale pour les défunts le neuvième jour après la mort provienne de la disposition calendaire de ces journées universelles de la commemoration.

Le lien entre les morts et Pâques est évident. Le Christ est ressuscité des morts. La Résurrection du Christ, selon les paroles de l’apôtre Paul, est la base de notre prière pour les morts. La Pentecôte est le point culminant de Pâques. La sainteté est le fruit de la Pentecôte. Il existe un lien particulier entre les saints et les morts. C'est pourquoi dans l'Orthodoxie il y a un jour de commémoration obligatoire la veille de la Pentecôte, neuf jours avant la Toussaint.

Rappelons que dans le christianisme occidental, tous les morts sont commémorés une fois par an, le 2 novembre, le lendemain de la Toussaint. Nous sommes tous confrontés à la célébration tendance d’Halloween. D'où vient tout cela? Le fait est que dans la piété populaire, il y avait une croyance selon laquelle si vous offensiez le défunt d'une manière ou d'une autre, si vous lui faisiez du mal, alors le jour de la commemoration, il vous apparaîtrait par l'intermédiaire des anges de Dieu et vous rappellerait la mauvaise action que vous lui aviez faite. C'est pourquoi Halloween est si effrayant. Mais comme il n’y a plus de foi dans les gens et surtout dans la société, tout ce qui est tragique devient un divertissement. C’est d’ailleurs l’un des signes du postmodernisme. Nous apprenons ainsi que dans tout ce qui est profane, il existe une tectonique théologique très importante. Ce sont les raisons théologiques secrètes des choses de tous les jours.

Pourquoi organisons-nous un service liturgique commémorative aujourd’hui ? Pourquoi prions-nous pour les morts ce soir? Parce que le Typikon nous le permet. Les deuxième, troisième et quatrième samedis du Carême, on peut prier particulièrement pour les défunts. C'est pourquoi nous organisons un service commémoratif. Nous le célébrons solennellement et sans abréviations.

Nous savons qu’à la base, un service mémoriel, la panikhide, comme un service de prière à un saint, la litanie ou le moleben, est un service de matines, qui est restructuré pour répondre aux besoins de commémoration du défunt ou d’invocation d’un saint que nous voulons particulièrement invoquer en plus du jour de sa mémoire calendair.e.

Aujourd'hui est la dernière occasion pendant le Grand Carême de prier spécialement pour tous les défunts. N’oublions pas que l’intention de l’Église pour aujourd’hui, est avant tout un souvenir de ceux dont personne d'autre ne se souvient, et c'est une prière pour ceux pour qui il n'y a tout simplement personne d'autre pour prier. Ceci, dans le langage de la prière commémorative de la liturgie de saint Basile le Grand, est une prière consciente pour ceux que nous ne connaissons pas. De plus, c'est une prière pour ceux qui n'ont jamais vu la lumière du soleil. Malheureusement, ces personnes constituent la majorité. Un jour, nous appartiendrons à cette majorité. Que cette triste réalité aide notre prière à devenir plus forte.