Dr. Augustin Sokolovski
Le 1er mai, selon le calendrier des Saints Pères, l’Église célèbre la mémoire de saint Victor le Martyr et de ses compagnons. Ayant assisté au martyre de saint Georges, qui fut brisé sur la roue, ils furent émerveillés par son extraordinaire courage et se convertirent
Évêque et fol-en-Christ de l’époque des nouveaux martyrs de l’Église russe, un mélange étonnant, Barnabé Beliaïev (1887–1963) a intitulé son ouvrage fondamental sur l’ascèse orthodoxe « Les fondements de l’art de la sainteté ». Ce faisant, il a anticipé de manière prophétique la perspective du postmodernisme qui, quelques décennies plus tard, tentera d’appréhender la spiritualité orthodoxe exclusivement en termes esthétiques. L’approche de l’évêque Barnabé était bien sûr différente, approfondie, scrupuleuse, très rituelle, voire rigoureux. Il attend toujours ses traducteurs et ses chercheurs.
Le témoignage des saints qui ont souffert à la suite du grand martyr Georges en Palestine vers l'an 303 souligne que la sainteté, en premier lieu celle des ascètes et des martyrs, est, par la force de la grâce, non seulement et pas seulement un art, mais un exploit, c'est-à-dire un travail colossal. En ce sens, la coïncidence entre le jour de la commémoration des martyrs et la fête laïque du Travail, le 1er mai, confère à leur sainteté une auréole édifiante et prophétique supplémentaire. Saints martyrs Victor, Zotique, Acindynus, Zénon, Sévérien et Césaire, priez Dieu pour nous !