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Lecture évangélique du troisième dimanche après la Pentecôte (Matthieu 6, 22-33)

Dr Augustin Sokolovski

Aujourd’hui, l’Église nous fait entendre un passage du Sermon sur la montagne. Ce n’est pas un hasard. Le premier dimanche après la Pentecôte, le Seigneur promet la vie éternelle à ceux qui ont tout quitté pour Le suivre. Le deuxième dimanche, nous voyons les Apôtres qui ont réellement tout quitté et ont trouvé le Royaume, c’est-à-dire le Christ Lui-même. Et aujourd’hui, le Seigneur nous montre ce que doivent devenir ceux qui Le suivent.

« La lampe du corps, c’est l’œil. » Ces paroles s’adressent d’abord aux responsables de l’Église, parce qu’ils sont l’œil de l’Église, l’œil de Dieu tourné vers le monde. C’est pourquoi une pureté particulière, une intégrité particulière et une responsabilité particulière leur sont demandées.

Mais cet appel ne concerne pas seulement les évêques et les prêtres. Les anciens Pères disaient : « Le diacre est les yeux et les oreilles de l’évêque. » Beaucoup pensent : « Je ne suis ni prêtre ni évêque, cela ne me concerne pas. » Pourtant, tous ceux qui aident les pasteurs de l’Église sont également concernés. Si tu participes au service de l’Église, les paroles du Seigneur sur l’œil pur s’adressent aussi à toi, car à travers toi les hommes voient également l’Église.

Le Seigneur dit aussi : « Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon. » Nous ne sommes pas dans l’Église pour gagner de l’argent, mais pour donner. Les Apôtres ont été appelés non seulement à devenir des pêcheurs d’hommes par la prédication, mais aussi, si l’on peut dire, des pêcheurs de poissons pour les hommes, en donnant le Corps et le Sang du Christ, l’enseignement, les sacrements et la bonté de Dieu.

Le Seigneur nous invite à regarder les oiseaux du ciel. Dans l’Église, beaucoup ont vécu selon cette parole : les martyrs, les moines, les ascètes et bien d’autres croyants inconnus du monde. L’Église est une communion. La force des uns soutient la faiblesse des autres. Comme les parrains et marraines prêtent leur foi à l’enfant lors du baptême, ainsi le combat spirituel des uns aide les autres.

Lorsque nous aidons ces personnes, nous devenons la main de Dieu. À travers nous, le Père céleste prend soin non seulement des oiseaux du ciel, mais aussi de ces « oiseaux humains », de ceux qui ont remis toute leur confiance entre les mains de Dieu.

Enfin, le Seigneur dit : « Cherchez d’abord le Royaume de Dieu. » Les païens cherchent le plaisir, la richesse et le pouvoir. Ce sont les trois tentations du désert, les trois six, le nombre 666 de l’Apocalypse, signe de la révolte contre Dieu.

Les chrétiens sont appelés à devenir l’icône du Dieu qu’ils annoncent. Sinon, chaque croyant individuellement — et, ce qui est plus terrible encore, tous les croyants ensemble, au sein même de l'Église — finira inévitablement en païen, semblable au personnage de La Métamorphose de Franz Kafka, transformé en insecte. Que le Seigneur nous en préserve.