Dr Augustin Sokolovski
Dans l’Église orthodoxe, nous célébrons saint Augustin le 28 juin. Cette date n’est pas directement liée à un événement de sa vie. Elle a été choisie probablement parce que, ce même jour, nous faisons aussi mémoire de saint Jérôme, son ami et son correspondant.
Aujourd’hui, on peut se poser une question simple : que serait notre foi sans saint Augustin ?
La réponse est importante. Sans saint Augustin, l’Église aurait probablement eu beaucoup plus de difficultés à comprendre le baptême des enfants. Et il est même possible que, sans lui, les enfants n’auraient pas été baptisés comme aujourd’hui, ou du moins on ne l’aurait pas compris comme une grâce donnée à tous, petits et grands. Cela aurait changé profondément la vie de l’Église.
Nous lui devons aussi beaucoup d’autres choses : une meilleure compréhension du temps, de la personne humaine, de la conversion et de la confession des péchés. Son influence est très grande dans toute la pensée chrétienne.
En 2026, sa mémoire tombe un dimanche, et ce dimanche, quatrième dimanche après la Pentecôte, nous entendons justement l’Évangile de la guérison du serviteur du centurion de Capharnaüm (Matthieu 8, 5’13). Le centurion croit que Jésus peut guérir par une seule parole, sans même entrer dans sa maison. C’est un exemple de foi et d’humilité.
Saint Augustin a vécu quelque chose de semblable. En écoutant saint Ambroise de Milan, il est venu peu à peu à la foi. Il voulait le rencontrer, mais il n’a pas osé entrer chez lui. Par humilité, il est resté à distance. Et c’est cette humilité qui a ouvert son cœur à la grâce de Dieu. Après sa mort, ses reliques ont été transférées à Pavie, dans le nord de l’Italie. Pavie n’est pas loin de Milan, ainsi les deux saints reposent proches l’un de l’autre après leur mort. Et cela est un signe évident de la grâce divine.
Nous ne savons pas ce qui se passe au Ciel. Le cours des choses là-bas nous est inconnu. Mais supposons que, sachant la vénération exceptionnelle dont ses œuvres jouissent dans le christianisme occidental, saint Augustin ait demandé à Dieu que l’on ne le connaisse pas dans l’Orthodoxie. Si cela est ne serait-ce qu’un peu proche de la vérité, l’humilité des saints ne connaît pas de limites.